N° 268 août-septembre 2003

À propos de L’Actualité Chimique

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Rubrique : Éditorial

Vous avez reçu, chers lecteurs, un questionnaire qui vous demandait votre opinion sur l’évolution de L’Actualité Chimique. Ce questionnaire doit être examiné pendant le Comité de rédaction du 25 septembre, et quand vous lirez cet éditorial, vos réponses devraient être retournées à la rédaction. Je n’ai donc aucun scrupule pour intervenir dans le débat. Mon propos ne sera pas de prendre position, vous vous en doutez bien, sur la politique éditoriale et à cet égard, vos remarques et vos pertinentes (je n’en doute pas) critiques seront importantes pour la suite. Non, mon propos portera sur la relation entre le journal et sa société mère : la Société Française de Chimie. Rassurez-vous, les relations sont excellentes, mais la question est : la SFC peut-elle seule supporter le coût d’un journal dans sa forme actuelle en quadrichromie avec 11 numéros de 64 pages en moyenne par an ? Le compte prévisionnel pour 2003 fait apparaître une charge d’exploitation de 290 000 €, et le suivi mensuel numéro par numéro montre que les prévisions seront respectées. Sauf si l’on évolue fortement vers une présentation beaucoup plus triste du style « bulletin paroissial », ces charges sont incompressibles. En face de cela, les sommes affectées par la SFC et les 30 000 € que les recettes publicitaires nous laissent espérer ne permettent pas l’équilibre, et le déficit estimé est de l’ordre de 65 000 €. Peut-on envisager que les recettes publicitaires augmentent ? Il est peu probable que notre agence de publicité puisse réaliser un chiffre d’affaires de 170 000 € (ce qui correspond à 65 000 € pour le journal).

Si l’on ajoute à cela que les moyens de communication informatique coûtent environ 50 000 €, on voit par là que la SFC se trouve dans une situation de déficit structurel récurant pour ce que l’association appelle « sa communication » ! C’est bien là le problème : pourquoi L’Actualité Chimique serait-elle un moyen de communication de la SFC ? Je pense que la revue a vocation à être un journal scientifique pour une large audience de professionnels de la recherche du monde académique et industriel, pour les enseignants et les étudiants. Mais si l’on va dans cette direction, il est clair que la solution réside dans une recherche de partenariats. Nous avons pu constater pendant les discussions qui portaient sur la Fédération des Chimistes de France le peu d’enthousiasme de nos partenaires pour que L’Actualité Chimique devienne le journal de tous... et on peut les comprendre : la réunion d’associations pauvres ne fait pas une Fédération riche ! Mais il y avait plus, chaque association voulait se garder SON moyen de communication, et cela illustre bien la contradiction entre journal d’association et périodique scientifique.
Je suis convaincu que si la SFC s’ouvre à d’autres partenaires que les sociétés savantes, je pense aux éditeurs et aux organismes pour lesquels la chimie joue un rôle important..., il sera possible de faire un grand journal de revue dans lequel tous les domaines de la chimie seront traités, ce qui permettra d’élargir le lectorat et d’attirer la publicité.

Mais revenons à ce numéro qui a été conçu par nos amis de la Société Française des Isotopes Stables. Nous remercions l’équipe de coordination qui, autour d’Edgar Soulié et Fabien Palhol, s’est montrée attentive à la qualité des articles, aux délais, et... au respect du nombre de pages, aspect très important pour ce qui concerne le contrôle des dépenses de la revue.

Bernard Sillion
Rédacteur en Chef