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8 mars : Journée internationale de la femme !

Actualités des chimistes , Science pour tous - 8 mars 2016

À l’occasion de la journée internationale de la femme, nous souhaitons relayer un dossier publié dans Chemistry - A European Journal et disponible en libre accès : Women in Chemistry - Where We Are Today, par Claire D’Andola.

Ci-dessous en voici quelques extraits et des compléments :

Le constat
D’après les données de l’UNESCO, il y a seulement environ 28 % de femmes dans le monde en recherche dans les domaines sciences dures, technologie, ingénierie et mathématiques.
La France (avec 26 % de femmes concernées) et l’Allemagne se situent dans la tranche basse (0 à 30 %), avec des pays comme l’Inde et la Chine. À l’inverse, en Amérique du Sud ou en Birmanie, on atteint les tranches 55 à 100 %.

En examinant ce tableau, on voit bien la chute significative de la proportion de femmes en recherche scientifique après la thèse en France. Pourtant en Lettonie et en Lituanie, le taux se maintient au-dessus de 50 %.

De plus, certes la proportion de femmes a tendance à augmenter, mais lentement et globalement :

  • Les femmes se tournent davantage vers les sciences humaines et sociales.
  • Elles occupent plus souvent des postes d’assistantes et moins de postes à responsabilités que les hommes.
  • Lorsqu’elles atteignent de hautes fonctions, elles sont moins payées et ont moins de budget.

Le Centre national pour la recherche scientifique (CNRS) s’en préoccupe et a créé la Mission pour la place des femmes au CNRS. La proportion de femmes y est d’ailleurs supérieure à la moyenne française.

Pourquoi les femmes quittent la recherche scientifique et comment les retenir ?
Voici trois explications discutées dans le dossier :

  • L’arrivée d’un enfant est un facteur clé qui peut conduire à renoncer à une carrière dans la recherche.
  • La profession est toujours perçue davantage masculine (et cela dès l’enfance).
  • Les hommes peuvent moins prendre de temps pour s’occuper des enfants.

À nous de chercher des pistes pour faire évoluer les mentalités, peut-être en s’inspirant de bonnes pratiques d’autres pays. Côté professionnel, on pourrait rendre plus flexible l’évolution de carrière pour les femmes ET les hommes qui auraient besoin de temps pour prendre soin d’enfants. Mais surtout, côté mentalité, il faudrait agir dès l’enfance ! Ainsi, la Journée Sciences & Médias du 1er février 2016 (co-organisée par six sociétés savantes dont la SCF) s’est ouverte sur l’intervention de la sociologue Clémence Perronnet (ENS Lyon) sur le fait que les clichés typés et sociaux pèsent encore lourdement sur l’orientation et sur les pratiques scientifiques : lire le résumé et voir l’intervention en vidéo.

La question n’est pas nouvelle et prendra encore un certain temps, mais nous sommes sur la bonne voie. Vous n’avez qu’à (re)lire l’édito de L’Actualité chimique de mai 2014 pour avoir un complément historique de la situation en France et retenez surtout la conclusion « Les filles, osez la science, osez la chimie, elles vous le rendront bien ! »

Pour finir, rappelons qu’en décembre 2015, Gilberte Chambaud est devenue la 1ère présidente de la SCF !