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En direct de l’Union des Industries Chimiques... (avril 2012)

Actualités des chimistes , Industrie et innovation - 10 mai 2012

Un nouveau président pour l’UIC
Le 26 avril dernier, l’Assemblée générale de l’Union des Industries Chimiques a élu à l’unanimité son nouveau président pour un mandat de deux ans. Philippe Gœbel, directeur général adjoint de Total Petrochemicals France, succède ainsi à Olivier Homolle (président de BASF en France), dont le mandat était arrivé à échéance.
Diplômé de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles (ESPCI Paris) et de Sciences-Po, administrateur de l’UIC depuis fin 2008 où il a exercé la présidence du Syndicat de la chimie organique de base jusqu’en mars dernier, le nouveau président souhaite continuer à rassembler tous les acteurs de la chimie pour faire une industrie « plus forte, fédératrice, reconnue comme promoteur de croissance durable en France ». À son programme : la lutte pour la compétitivité ; la poursuite des actions des comités stratégiques de filière - Chimie et matériaux en particulier, « une filière structurante pour notre pays< » - et des pôles de rassemblement (biotech, chimie verte, recyclage) ; la place des jeunes au sein de l’économie ; et « établir des priorités et en tirer le meilleur parti ».

• 2e producteur en Europe, 5e au niveau mondial, l’industrie chimique en France emploie plus de 155 000 salariés et a réalisé en 2011 un CA de 86,7 Md€. 1,4 Md€ sont consacrés à la R & D, donc à l’innovation.

Les lauréats des premiers Trophées nationaux « Responsible Care® »
Lancée en 1985 par le Canada, ce « code de bonne conduite » de l’industrie chimique mondiale, synonyme de progrès en matière de sécurité, santé et environnement, a été repris par près de 60 pays, dont la France en 1990 sous le nom d’« Engagement de progrès ». Lancés dès 2011 en régions, ces Trophées récompensent une démarche ou une action remarquable et innovante en matière de santé, sécurité et environnement, ou sociétale. Ils sont un tremplin vers les « Responsible Care® Awards » du CEFIC, qui seront remis le 28 septembre prochain à Londres.
Parmi les 34 participants (PME ou grands groupes), le jury (composé de six membres, dont un seul représentait l’industrie chimique...) a récompensé dans trois catégories l’originalité, mais aussi la place de l’homme dans cette démarche responsable.

Catégorie « Environnement »
Le Trophée est attribué à Dow qui, sur son site de Lauterbourg (additifs pour plastiques, peintures et revêtements) a procédé à une opération ingénieuse de démolition-remédiation. Le béton de démolition d’un atelier, aux propriétés alcalines, a servi à stabiliser les déchets d’une décharge interne, permettant non seulement une économie globale d’environ 400 000 €, mais aussi une amélioration de l’écoulement des eaux de lixiviation.
Étaient nominés : Camfil Farr (site de Pont-Sainte-Maxence – fabrication de dispositifs de filtration de l’air pour l’industrie pharmaceutique, agro-alimentaire et nucléaire), pour son opération globale d’économie d’énergie – remplacement du compresseur d’air, de l’ensemble des éclairages et des systèmes de chauffage (gaz de ville et énergie solaire) – aboutissant depuis 2006 à l’économie de près de 3 millions de KW/h et 420 000 €, et ISOCHEM à Gennevilliers (fabrication de principes actifs et intermédiaires pour le marché pharmaceutique) pour son management environnemental par le jeu, une méthode originale destinée à améliorer la conscience des salariés. Des équipes thématiques (air, eau, sol déchets et énergie) participent à des demi-journées de sensibilisation ludiques (Le maillon faible, Le juste prix, Une équipe en or...) avec pour objectifs la réduction des déchets, l’impact environnemental, les bons réflexes en cas d’accident, etc.

Catégorie « Santé »
Le Trophée revient à EKA Chimie qui, sur son site d’Ambès (production de chlorate de soude et autres adjuvants pour l’industrie papetière), a mis en œuvre un système de prévention des risques psychosociaux dénommé « Ekamorphose » pour sensibiliser son personnel. À partir d’un questionnaire, l’identification de 23 facteurs de stress a permis la mise en place de plans d’actions spécifiques avec une communication interne régulière.
Était nominé : Synthexim (Calais) pour un nouveau type de canne équipée de deux tuyaux pour le chargement des produits liquides dans ses réacteurs ; le confinement total et le captage des vapeurs garantissant une meilleure protection du salarié.

Catégorie « Sécurité »
Le Trophée est attribué Axens (fabrication de catalyseurs et adsorbants pour le raffinage, la pétrochimie et le traitement du gaz) pour sa démarche originale de management de la sécurité basée sur le théâtre, sur son site de Salindres. Pour renouveler ses méthodes de sensibilisation, l’entreprise a fait appel à une compagnie d’Alès et à un auteur pour écrire « Pince-moi si je rêve », une pièce qui aborde avec humour la nécessité du respect des consignes de sécurité. Les représentations devant des groupes de salariés suivies d’échanges fructueux ont permis la naissance d’une nouvelle formation pour tous les salariés d’Axens. Une démarche vraiment originale !
Était nominé : Rio Tinto Alcan, pour le développement sur son site de Gardanne (fabrication d’alumines de spécialité à partir de minerai de bauxite), d’une méthodologie d’analyse sécuritaire des tâches sous forme d’un carnet de bord destiné aux salariés, le « 5/5 - 5 étapes pour ma sécurité ».

Prix spécial du jury
Armor Groupe (La Chevrolière, près de Nantes), qui fabrique des consommables d’impression transfert thermique (marquage de codes barres, logoset...) se voit récompensé pour sa démarche en matière de responsabilité sociétale et environnementale de l’entreprise (RSE). Lancée en 2008 et concrétisée sous la forme d’un plan nommé « Decaplan », cette démarche écocitoyenne se décline en dix thématiques touchant la vie du salarié et de l’entreprise (ressources humaines, santé et sécurité, vie sociale, transport des salariés, achat responsable, éco-conception, énergie, réduction des émissions de GES, réduction des déchets...).

En matière de responsabilité, ces quelques exemples montrent que l’industrie chimique française, au-delà des normes réglementaires, fait figure de bon élève ! Et comme l’a souligné Philippe Gœbel, le nouveau président de l’Union des Industries Chimiques, pour conclure la cérémonie de remise des prix, le succès de ces trophées en régions, où les médias locales relaient l’information, est de plus « un bon moyen d’améliorer l’image de l’industrie chimique auprès du public ».

• Sources : Cérémonies UIC, 26 avril 2012, et dossier de presse.