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État d’urgence dans la recherche... accalmie

Actualités scientifiques - 25 mai 2016

Le gouvernement a annoncé le 30 mai qu’il renonçait aux annulations des crédits pour la recherche.

Motion des conseils scientifiques

Les conseils scientifiques du CNRS, de l’INRA, de l’INSERM, de l’INED et de l’IRD s’indignent de l’annonce brutale du projet de suppression par décret de 256 millions d’euros de crédit 2016 pour la « Mission interministérielle Recherche et Enseignement supérieur », qui porterait pour 134 millions sur les organismes de recherche (CNRS, INRA, INSERM, INED, CEA, INRIA, etc.).

Cette décision contredit radicalement les engagements pris en début d’année par le secrétariat d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, et réaffirmés le 14 mars par le président de la République. Elle provoque stupeur et consternation dans l’ensemble du monde scientifique, comme en témoigne la prise de position commune de personnalités scientifiques de premier plan dans une tribune parue dans Le Monde du 24 mai [1].

Cette coupe claire, qui arrive très tardivement en cours d’année, va complètement déstabiliser les projets en cours et la structuration des équipes et des laboratoires, dans un contexte où l’emploi scientifique (chercheur.se.s, ingénieur.e.s, technicien.ne.s) a déjà été durement touché ces dernières années. Des décisions prises en conséquence dans l’urgence risquent de coûter à terme très cher à la collectivité et de détourner les jeunes générations de la recherche.

Les conseils scientifiques demandent au gouvernement de surseoir à ce projet contre-productif, et de considérer réellement la recherche et l’enseignement supérieur comme un investissement d’avenir.

À Paris, le 24 mai 2016

Bruno Chaudret, Président du Conseil Scientifique du CNRS
Alain Tedgui, Président du Conseil Scientifique de l’INSERM
Frédéric Dardel, Président du Conseil Scientifique de l’INRA
Gustavo de Santis, Président du Conseil Scientifique de l’INED
Giles Pison, Président du Conseil Scientifique de l’IRD
au nom de leurs Conseils Scientifiques respectifs


[1Cette tribune, « Coupes budgétaires dans la recherche : huit grands chercheurs dénoncent un suicide scientifique et industriel », est signée par Françoise Barré-Sinoussi (prix Nobel de physiologie ou médecine), Claude Cohen-Tannoudji (prix Nobel de physique), Albert Fert (prix Nobel de physique), Serge Haroche (prix Nobel de physique), Jules Hoffmann (prix Nobel de physiologie ou médecine), Jean Jouzel (vice-président du groupe scientifique du GIEC, au moment où celui-ci reçoit le prix Nobel de la paix), Jean-Marie Lehn (prix Nobel de chimie) et Cédric Villani (médaille Fields).