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Finie la chimie ?

Actualités scientifiques - 13 mai 2014

Saudi Aramco et Total ont mis en service la raffinerie géante de Jubail en Arabie Saoudite au bord du Golfe Persique, capable de traiter 20 millions de tonnes par an. Elle bénéficie de la proximité des champs pétroliers qui amènent directement le brut et d’un prix de l’énergie particulièrement bas. Les produits diesel, essence, paraxylène, propylène sont notamment destinés aux marchés asiatiques.
L’investissement de près de 9 milliards d’euros contraste fortement avec les difficultés du raffinage en Europe marqué par des installations de trop faible capacité et confronté à un marché atone des carburants.

Des outils de raffinage du pétrole à la chimie, l’extrapolation médiatique est vite franchie qui prédit la fin de la chimie en Europe. Les médias oublient que la pétrochimie et la chimie de base ne sont que des branches de la chimie et que la chimie de spécialités et la chimie des produits à haute valeur ajoutée ont des potentialités nouvelles.

En 2013, la chimie française s’est plutôt bien comportée malgré la crise avec une progression de + 1,3 % alors que le reste de l’industrie régressait à - 1 %. La chimie hexagonale a dégagé un excédent commercial de 5,8 milliards d’euros (4,1 Mrd € en 2012). Avec des variations contrastées : ce sont la chimie minérale (+ 3,9 %) et la chimie des savons, parfums et produits d’entretiens (+ 4,8 %) qui sont les plus performantes.

La chimie du végétal a le vent en poupe : à terme la biomasse remplacera le pétrole, nombre d’entreprises françaises sont bien placées, IPFEN – AXENS pour le bioéthylène, FERMENTALG tout juste introduite en bourse pour les huile et protéines issues de microalgues. D’autres secteurs sont aussi porteurs : la chimie des composites pour AIRBUS, AIR LIQUIDE qui investit dans l’hydrogène, vecteur énergétique du futur. Voilà de nouvelles opportunités et des industries qui cherchent des spécialistes.

L’innovation, le développement, les nouvelles filières de la « chimie verte »... Jeunes chimistes, investissez-vous dans ces métiers d’avenir !

Jean-Claude Bernier,
7 avril 2014