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Solar Impulse poursuit sa route vers le tour du monde (juin-juil. 2012)

Actualités scientifiques , Industrie et innovation , Science pour tous - 24 juillet 2012

Après avoir réussi son premier vol de nuit en juillet 2010 [1], l’avion solaire Solar Impulse fait à nouveau parler de lui : cet appareil, aussi appelé HB-SIA (HB car d’origine helvète, SI pour Solar Impulse, et A car il s’agit du premier prototype), uniquement alimenté par les quelques 11 628 cellules photovoltaïques recouvrant ses ailes, vient d’achever un long aller-retour de la Suisse au Maroc.

En effet, en vue de préparer leur tour du monde prévu pour 2014, les initiateurs du projet, André Borschberg et Bertrand Piccard, avaient annoncé en juin 2011 leur ambition de parcourir les 2 500 kilomètres qui séparent Payerne de Ouarzazate. Les dates du voyage (juin-juillet 2012) avaient d’ailleurs été choisies pour coïncider avec le lancement de la construction d’une centrale thermosolaire par l’Agence marocaine pour l’énergie solaire (MASEN) : ce sont cinq parcs solaires qui devraient voir le jour à Ouarzazate en 2020, atteignant une capacité de 2 000 mégawatts. Néanmoins, ce long périple n’était pas uniquement symbolique et s’est avéré être un bon entraînement pour les deux pilotes qui ont pu se mesurer à des conditions de vol plus difficiles que lors du trajet Payerne-Bruxelles de 2011, le parcours comprenant notamment des traversées montagneuses (Pyrénées et Atlas).

Compte tenu de la distance à parcourir, deux escales étaient prévues : une première à Madrid, puis une seconde à Rabat, permettant aux pilotes de se relayer, l’avion étant monoplace. En effet, le seul trajet Payerne-Madrid représentait déjà 17 heures de vol, étant donné que la vitesse moyenne du HB-SIA se situe entre 70 et 90 km/h. Si les deux premières étapes se sont déroulées sans encombre, le dernier tronçon Rabat-Ouarzazate a donné du fil à retordre à l’avion : le climat aride de cette région était propice aux vents forts, ainsi qu’aux orages. Cette météo peu clémente a contraint les pilotes à faire demi-tour en plein vol et à prolonger leur escale à Rabat d’une semaine : ils avaient sous-estimé la force des vents contraires au-dessus de l’Atlas. Après modification du plan de vol, la seconde tentative fut la bonne, et le 21 juin au soir, au terme d’un trajet de 17 heures, le HB-SIA se posait enfin à l’aéroport de Ouarzazate.

La réussite de cette mission marocaine constitue un pas de plus vers le tour du monde de 2014 et conforte ainsi le sérieux de ce projet révolutionnaire : la filière photovoltaïque ne saurait trouver meilleur emblème pour mettre en valeur son formidable potentiel, et prouver qu’elle a un rôle à jouer pour relever les défis énergétiques et environnementaux auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui.

• Source :
www.solarimpulse.com (consulté le 23/07/12).

Photo : © Solar Impulse/Jean Révillard.