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Une stratégie simple et inédite pour réparer des organes

Actualités scientifiques - 2 juin 2014

Un formidable bond en avant se prépare dans la pratique chirurgicale et la médecine régénératrice. Une équipe dirigée par Ludwik Leibler [1] du laboratoire Matière molle et chimie (CNRS/ESPCI ParisTech) et Didier Letourneur du Laboratoire de recherche vasculaire translationnelle (Inserm/Universités Paris Diderot et Paris 13) vient de démontrer que le principe d’adhésion par des solutions aqueuses de nanoparticules peut être utilisé in vivo pour réparer des organes « mous » et des tissus.

Cette méthode de collage, extrêmement simple d’utilisation, a été testée sur les rats. Appliquée à la peau, elle permet de fermer des blessures profondes en quelques secondes et d’obtenir une cicatrisation de qualité et esthétique. Elle a également été éprouvée avec succès pour réparer des organes difficiles à suturer tels le foie. Enfin, sur le cœur battant, cette solution a permis de fixer un dispositif médical, démontrant ainsi le potentiel de la méthode pour délivrer des médicaments ou renforcer les tissus.

Ces travaux ont été publiés sur le site de la revue Angewandte Chemie [2].

Image  : illustration de la première expérience réalisée par les chercheurs sur des rats : réparation d’une plaie profonde par application de la solution aqueuse de nanoparticules. La fermeture de la plaie s’effectue en trente secondes.
© Laboratoire « Matière molle et chimie » (CNRS/ESPCI ParisTech).


[1Ludwik Leibler a notamment reçu le Grand Prix Pierre Süe de la Société Chimique de France en 2009, le Grand Prix de la Fondation de la Maison de la Chimie en 2012 et la Médaille de l’innovation du CNRS en 2013.

[2Meddahi-Pellé A., Legrand A., Marcellan A., Louedec L., Letourneur D., Leibler L., Organ repair, hemostasis, and in vivo bonding of medical devices by aqueous solutions of nanoparticles, Angew. Chem., Int. Ed., publié en ligne le 16 avril 2014 (DOI 10.1002/anie.201401043).