N° 242 janvier 2001

Avec les voeux de la rédaction

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Rubrique : Éditorial

Le premier article de cette nouvelle année est une réflexion sur le rôle de la chimie et sur son avenir dans un monde caractérisé par une évolution technologique de plus en plus rapide. F.A. Cotton, récipiendaire de la Médaille Lavoisier, a prononcé cette conférence à l’occasion du colloque de Rennes en septembre dernier. Il évoque le rôle de la chimie dans l’évolution des autres disciplines, son importance dans la vie quotidienne (ce que nous avions illustré dans le numéro réalisé en commun avec le CNRS en novembre 1999 à l’occasion de l’Année de la chimie), et enfin, ce qui intéressa peut-être davantage les chercheurs, en analysant les problèmes qui se posent à la chimie considérée comme discipline. Il lance un cri d’alarme pour défendre la recherche fondamentale du domaine, selon lui en péril.

Les observations qui sont faites sur le mode de financement de la recherche aux États-Unis justifié par l’application, sont, sans doute, transposables à ce qui se fait en France. Les commentaires sur les projets « conformes et corrects » et sur ceux qui « exagèrent sans vergogne l’impact que peut avoir leur recherche… » pour obtenir des financements sont valables chez nous. Cependant, F.A. Cotton souligne que les sciences de la vie, l’astronomie, la cosmologie bénéficient plus facilement de crédits et, au moins dans les deux derniers cas, la pression industrielle n’est pas en cause.

Alors pourquoi est-ce si difficile de financer la recherche de base en chimie ? Cette science ne fait pas rêver ! Tout citoyen (contribuable et électeur…) qui a admiré un beau ciel s’est posé des questions sur l’explication du monde, il se sent concerné par le mystère de la vie et, même si la question ne lui est pas directement posée, il trouvera normal que la puissance publique consacre des moyens à la recherche dans ces domaines. Mystère et rêve sont peut-être les mots qui motivent le plus !

La chimie, science trop rationnelle, doit créer le langage qui parle à l’imaginaire et cela très tôt, en s’adressant aux enfants chez qui vie et rêve sont si liés. C’est peut-être la meilleure façon de changer son image.

Poursuivons notre sommaire :
Comment appréhender les innombrables réactions qui se produisent dans les différentes couche de l’atmosphère ? Comment se produit et se détruit l’ozone ? Que deviennent les composés organiques émis dans l’atmosphère par des processus naturels et industriels ? C’est pour répondre à ces questions que L’Actualité Chimique présente un dossier sur la chimie atmosphérique coordonné par Gérard Mégie dont nous saluons la récente nomination à la présidence du CNRS. On verra à la lecture du document la rigueur et la prudence dont les scientifiques doivent faire preuve dans ce domaine de la chimie des milieux complexes.

En écho à cette rigueur, il nous a semblé important de publier l’expérience pédagogique de la faculté de pharmacie de Strasbourg sur les « bonnes pratiques du laboratoire aux travaux pratiques » dont l’intérêt dépasse le cadre de la formation universitaire.

L’année 2001 verra se poursuivre l’évolution de L’Actualité Chimique vers la publication de plus de numéros spéciaux, avec la participation de sociétés autres que la SFC, afin de mieux couvrir les domaines multidisciplinaires. En outre, nous avons en projet : un analyse des diverses filières d’enseignement en chimie, un effort pour la publication chaque mois d’une rubrique de brèves scientifiques et, bien entendu, des articles illustrant l’actualité, avec les avantages et inconvénients de la publication mensuelle. Mais nous verrons cela au fil de l’année que je souhaite à toute la communauté des chimistes, heureuse et pleine de succès.

Bernard Sillion
Rédacteur en Chef