N° 348-349 janvier-février 2011

Breaking Bad

Pagination : 5-6
Rubrique : Chroniques
Sous-rubrique : Communication de la chimie

Depuis longtemps déjà, dans cette chronique, nous mettons en doute la pertinence de fonder la communication de la chimie sur la seule question de son image. À maintes reprises en particulier, nous avons tenté de montrer que le prosélytisme chimique ne pouvait constituer une communication responsable et crédible : nos concitoyens ont l’oreille de plus en plus affûtée pour déceler les tentatives de manipulation de leur opinion et, non seulement ils ne s’en laissent plus compter sans esprit critique, mais ils sont désormais capables de trouver seuls ce qu’on leur cache, éventuellement avec l’aide de protagonistes plus ou moins intégristes qui se retrouvent alors les seuls à parler des sujets qui fâchent.

C’est donc aux chimistes d’évoquer et de discuter des risques industriels ou des perturbateurs endocriniens, des dangers liés à la manipulation des réactifs chimiques, de l’importance du rôle de la chimie dans l’élaboration de nouvelles drogues et produits dopants, et d’assumer ouvertement les incertitudes qui pèsent sur les éventuels usages malveillants qui pourront être faits de toutes leurs découvertes. Et peu importe que cela risque de « ternir l’image de la chimie » ; ne pas en parler risque de la ternir plus encore.