N° 342-343 juin-juillet-août 2010

Cannabis et risques accidentels routiers : la police scientifique dépiste les conduites addictives

Pagination : 22-28
Sous-thème : Recherche et dépistage de produits stupéfiants
Mots-clés : THC, cannabidiol, canabis, CG/SM, conduite sous influence, accidents routiers, médecine légale d'urgence, toxicologie analytique, police scientifique, sciences forensiques.
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© Köhler F.E., Köhler’s Medicinal Plants, Gustav Pabst (ed.), 1887.

Cannabis sativa.

Depuis les années 1990, l’altération des performances des conducteurs sous l’influence de stupéfiants et dans les accidents de la route est bien établie.

Une étude en 2007 dans l’Oise a permis d’évaluer la prévalence du delta(9)-tétrahydrocannabinol (THC) chez 99 conducteurs suspects de conduite sous l’influence des stupéfiants (CSI). Sur 84 prélèvements sanguins analysés (CG/SM), 76 (soit 90,4 %) étaient positifs pour les composants actifs du THC avec une concentration moyenne de 6,29 ng/mL pour le THC et de 2,48 ng/mL pour le 11-OH THC. Une seconde étude a porté sur l’analyse par GC/MS de 160 échantillons sanguins collectés en 2007 et 2008 chez des conducteurs suspects de CSI, avec quantification du cannabidiol. Pour une concentration sanguine moyenne de 4,64 ng/mL pour le THC et de 2,46 ng/mL pour le 11-OH THC, celle du cannabidiol était de 3,33 ng/mL. La différence des concentrations sanguines élevées de THC et du cannabidiol atteste de l’utilisation de « skunk ».

Ces résultats permettent de comprendre les effets constatés chez les utilisateurs de cannabis dont témoignent les conséquences médico-légales actuellement observées.