N° 258 juillet 2002

Chimie d’en Haut, Chimie d’en Bas

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Rubrique : Éditorial

« La Chimie est comme une souveraine » écrit Arsène Schun, président de la Société de Chimie Industrielle (SCI), dans l’éditorial du n °1 de SCI Info, « elle règne sur toutes les industries, et aucune ne peut s’en passer ».

La formule est, certes, ambitieuse, mais cette vision « d’en Haut » est sans doute... très optimiste, car qui peut penser que cette chimie règne en majesté ? ! Le moins que l’on puisse dire est que son règne est contesté.

Les médias sont, on l’a constaté maintes fois, injustes avec la chimie, car elle avance masquée dans la plupart des réalisations industrielles modernes. Mais l’opinion qui ne le sait pas la condamne sans appel, considérant qu’elle est responsable des accidents, des pollutions, du réchauffement... Fermons vite les usines et le monde ira mieux ! la même opinion sait que les accidents dans les transports causent plus de 8 000 morts par an, mais fort heureusement, n’en rend pas responsable l’industrie automobile...

Que faire ? Arsène Schun évoque les efforts que la SCI doit faire et les axes qu’elle doit promouvoir pour se « redessiner » dans le cadre du « concept de l’unité de la discipline chimique ».S’étonnera-t-on que la SFC retrouve ses propres réflexions lorsqu’il s’agit de favoriser le rapprochement entre recherches publiques et privées, lorsqu’il s’agit d’organiser des colloques rapprochant le monde de la recherche universitaire et celui de l’industrie, lorsque l’on veut renforcer la représentativité de la chimie française, et assurer l’excellence de la formation ?

La force de la SFC réside dans la diversité de ses membres individuels qui représentent des disciplines scientifiques différentes et des domaines d’activités (universitaires et industriels) complémentaire.

Certes, nous le rappelions récemment, nous sommes encore trop eu nombreux, mais nous représentons aussi « la Chimie d’en Bas » qui s’exprime sur le terrain dans nos divisions et nos sections locales.

Si l’on veut créer les conditions d’un rapprochement entre les diverses composantes de ce que j’appelais une mosaïque d’associations, il faut tout d’abord que les familles de la « Chimie d’en Bas » travaillent ensemble. Nous le faisons avec d’autres associations : la Société Française de Métallurgie et des Matériaux (SF2M) pour le numéro spécial sur les matériaux, l’Association Française de l’Hydrogène (AFH2) pour celui sur l’hydrogène, la Société Française de Physique (SFP) pour les « Entretiens Physique-Industrie »..., mais nous le faisons aussi avec des grands organismes de recherche : le CNRS pour le numéro « Chimie et vie quotidienne » et celui sur les matériaux, l’Institut Français du Pétrole (IFP) pour celui sur la catalyse...

Je ne doute pas que des dossiers puissent être élaborés en commun avec la SCI et publiés dans notre journal pour l’illustration du rôle positif de la chimie. Ne sommes-nous pas de vieux amis... de plus de 30 ans ?

Bernard Sillion
Rédacteur en Chef