N° 198 décembre 1996

Chimie de coordination aux frontières de la réactivité, des matériaux et de la biologie

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Rubrique : Éditorial

Ce numéro de L’Actualité Chimique résume le contenu et les débats d’une École thématique organisée du 8 au 14 septembre 1996 à Gujan-Mestras par la formation permanente et par le département des Sciences chimiques du CNRS, avec le soutien de la Société Française de Chimie, sur le thème « Chimie de coordination aux frontières de la réactivité, des matériaux et de la biologie ».

L’École avait pour objectif de faire le point sur les développements de la chimie de coordination depuis les deux Écoles de Solignac (1974 et 1976) qui ont largement contribué au développement de cette discipline en France. Depuis lors, la chimie de coordination a beaucoup progressé, dans ses fondements et dans ses applications. C’est vrai aussi bien au cœur de la discipline , entendue initialement comme chimie moléculaire des éléments de transition puis étendue aux éléments des groupes principaux, aux lanthanides et aux actinides, que de ses rapports avec les disciplines voisines : synthèse organique par la voie organométallique, catalyses homogène et hétérogène, chimie bioorganique et biologie, chimie du solide et matériaux. Ces progrès se sont naturellement accompagnés d’un mouvement de spécialisation des équipes et une vue d’ensemble de ce domaine foisonnant et de ses grands objectifs est plus difficile à acquérir que dans les années qui ont suivi Solignac.

Un triple souci a donc présidé à la préparation et au déroulement de l’École :
- 1) faire le point sur ce qui se fait de plus innovant, en France et dans le monde, en chimie de coordination et aux frontières ;
- 2) définir les points de blocage conceptuels, expérimentaux ou analytiques et les objectifs disciplinaires ou interdisciplinaires à court et à moyen terme ;
- 3) former les jeunes chercheurs qui prennent aujourd’hui le relais des participants des Écoles d’il y a vingt ans... et leur donner la parole.

L’idée est née au sein de la division Chimie de coordination de la Société Française de Chimie où l’accueil très positif des directeurs des laboratoires concernés par les thématiques de la chimie de coordination a permis de faire valoir l’intérêt d’une réflexion collective, liée à une action de formation vers les jeunes chercheurs et enseignants-chercheurs. Elle a été débattue avec les responsables des divisions Chimie organique, Catalyse et Chimie du solide de la SFC. De nombreux scientifiques ont été consultés, notamment au sein des commissions concernées du Comité national de la recherche scientifique. De fait, toute la communauté scientifique concernée a participé à la préparation et au déroulement de l’École, tant pour ce qui est des participants (60) que des intervenants (25).

On trouvera dans ce numéro un reflet des travaux : exposés scientifiques d’un haut niveau mais accessibles à un public cultivé, portant sur des sujets d’intérêt général et sur quelques techniques d’étude ; compte rendu de tables rondes... L’Actualité Chimique nous est apparue comme un excellent vecteur pour assurer une diffusion plus large de ces informations, au-delà des seuls participants à l’École d’été, et pour permettre à l’écrit de remplir son rôle. Ses lecteurs suivent avec intérêt les efforts de la Société Française de Chimie pour soutenir les initiatives scientifiques de ses divisions et pour favoriser les rapprochements interdisciplinaires. Avec ce numéro, nous leur proposons de juger par eux-mêmes combien et comment École a participé de ce mouvement, après les journées interdivisions de SFC 94 à Lyon et en prélude à celles de SFC 97 à Bordeaux.

Nous ne saurions terminer sans remercier tous les intervenants — auteurs de ce volume —, tous les participants de l’École — qui ont animé discussions et débats — et ceux qui ont rendu cette rencontre possible et permis l’édition de ces travaux : le CNRS et la Société Française de Chimie.

Paris, le 1er octobre 1996

Pierre Braunstein, Jean-Jacques Girerd, Olivier Kahn, Michel Verdaguer
Organisateurs de l’École

Roger Guilard
Président de la division de Chimie de coordination de la SFC

Couverture

La structure en double hélice, l’une rouge, l’autre verte, est celle du cluster octanucléaire mixte de palladium et de manganèse de formule [(OC)Pd(µ-CN)MnCp’(CO)2]4 dans lequel quatre ligands cyanure pontent deux chaînes Mn-Pd-Pd-Mn orthogonales. La symétrie S4 de la molécule entraîne l’agencement orthogonal des hélices (voir l’article de P. Braunstein, p. 75).
(J.-P. Mage, P. Verley, Centre de calcul du CNRS, Strasbourg, logiciel Catia, Photothèque du CNRS).