N° 342-343 juin-juillet-août 2010

Chimie et toxicologie médico-légale : de la détection de l’arsenic à celle de la soumission chimique

Pagination : 13-21
Sous-thème : Analyses toxicologiques
Mots-clés : Poisons, intoxications, détection, benzodiazépines, soumission chimique.
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En 1949, Marie Besnard, surnommée « La bonne dame de Loudun », est accusée d’avoir empoisonné douze personnes à l’arsenic dans un but purement successoral et financier.

La toxicologie, mariage entre la chimie et la médecine, a été fondée au XIXe siècle par le médecin chimiste espagnol Mathieu Joseph Bonaventure Orfila. C’est également lui qui rattacha à cette discipline la notion médico-légale afin de souligner l’implication de la toxicologie dans les cas de morts suspectes.

À partir du XVIIIe siècle, et tout au long des siècles suivants, de nombreux chimistes, de par leurs travaux et leurs inventions appliquées aux recherches toxicologiques, ont permis un véritable essor de la toxicologie médico-légale. La preuve de la mort par empoisonnement étant, à partir de cet instant, soutenue par des démonstrations chimiques.

Parallèlement à cette évolution, de nouvelles molécules de synthèse ont également fait leur apparition, notamment au siècle dernier. Parmi celles-ci, les benzodiazépines, largement impliquées dans des affaires judiciaires à caractère médico-légale, de la sécurité routière aux actes d’homicide, d’intoxications et principalement de soumission chimique.

Afin de détecter ces molécules, souvent à l’échelle du picogramme, de nouvelles techniques chromatographiques ont été mises au point, augmentant considérablement les performances de la chimie analytique qui devient ainsi un outil hors pair en matière de détection de traces pour la toxicologie.