N° 400-401 octobre-novembre 2015

Contributions invisibles, succès visibles…

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Rubrique : Éditorial

Le congrès SCF’15 Chimie et transition énergétique qui s’est tenu à Lille en juillet dernier a été bâti autour d’une thématique transversale d’actualité concernant l’innovation des systèmes énergétiques qui doit rendre effective cette transition énergétique. Tous les types de recherche : académique, technologique, industrielle, tous les types de vecteurs énergétiques et toutes les filières énergétiques ont été abordés et discutés. Ils ont montré que la chimie intervient dans ces dernières de très nombreuses manières : via les matériaux, les procédés, l’analyse, la synthèse, la catalyse, l’interaction rayonnement-matière, la simulation et la modélisation multi-échelle, l’électrochimie, etc. Ce furent trois journées riches d’enseignement qui feront l’objet d’un compte rendu détaillé dans le prochain numéro de L’Actualité Chimique et d’un numéro dédié en 2016.

Le président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, Jean-Yves Le Déaut, qui n’a pu se rendre à Lille, en tire une belle conclusion dans le numéro du mois de septembre de La Revue du Trombinoscope : « … la chimie est devenue un point de passage obligé : pas de véhicules électriques sans électrochimie, pas de pales d’éoliennes sans chimie des composites, pas de moteurs électriques sans chimie des terres rares, pas de panneaux photovoltaïques sans chimie des semi-conducteurs… »

Ce numéro double, en plaçant « l’électrochimie au cœur des sciences », se fait déjà l’écho de l’énergisante électrochimie évoquée au cours du congrès SCF’15. Le titre même – une devise ? –, la page de couverture et le sommaire de cet opus montre que l’innovation naît du croisement des connaissances, de l’interdisciplinarité, puis de toute la chaîne industrielle de développement et de transferts conduisant d’un concept à la réalisation d’un objet répondant à une attente de notre société.

La récente « semaine Nobel » en offre deux exemples éloquents avec les prix de médecine ou physiologie et de chimie, le premier récompensant l’emploi de deux molécules actives en traitement de maladies tropicales, l’avermectine contre l’onchocercose et l’éléphantiasis, et l’artémisinine contre le paludisme ; le second, la mise en œuvre de la chimie en milieu biologique expliquant trois mécanismes distincts de réparation de l’ADN (voir p. 120). Les recherches entreprises indépendamment par William Campbell, Satoshi Omura, Youyou Tu et Tomas Lindahl, Paul Modrich, Aziz Sancar, illustrent cette nécessaire interdisciplinarité qui existait déjà à la charnière entre les XVIIIe et XIXe siècles. Elles ont conduit au programme de donation d’avermectine (Mectizan®) par le groupe MSD qui vient annuellement en aide à plus de 250 millions de personnes dans les régions touchées, et à la fourniture à prix coûtant de l’artémisinine par le groupe Sanofi pour faire face aux épidémies de paludisme avec 200 millions de cas et 500 000 décès par an.

Et la chimie s’y retrouve comme science centrale, ou pour reprendre l’image de Jean-Marie Lehn, comme le pont entre la physique et la biologie. Mais si les succès sont visibles, les contributions de la chimie sont trop souvent invisibles du grand public. À nous, Réseau des chimistes, de les révéler, en s’appuyant notamment sur l’hommage rendu à la Société Chimique de France par Bernard Bigot, président de la Fondation de la Maison de la Chimie, et Dominique Massiot, directeur de l’Institut de Chimie du CNRS, lors du congrès SCF’15 !

Le Bureau de la SCF

Merci au coordinateur de ce numéro thématique, Fethi Bedioui, président de la subdivision Électrochimie de la SCF, à tous les responsables des chapitres et aux auteurs, et à Jean-Pierre Foulon pour sa relecture attentive, pour cette belle plongée dans le monde de l’électrochimie.

EuCheMS Newsletter

La version papier de ce numéro contient en encart la Newsletter de novembre de l’EuCheMS.