N° 353-354 juin-juillet-août 2011

Du défi analytique aux interprétations archéologiques : caractérisation des substances organiques piégées dans les poteries préhistoriques

Pagination : 119-126
Sous-thème : Chimie et culture
Mots-clés : Archéologie biomoléculaire, résidus organiques archéologiques, poteries préhistoriques, lipides, graisses animales, cire d’abeille, résines et goudrons végétaux, spectrométrie de masse.
FR | EN

Iconographie égyptienne montrant une scène de traite au cours de laquelle le veau est attaché à la mère pour stimuler la lactation.

Malgré leur exploitation importante pendant les périodes préhistoriques, les substances naturelles d’origine organique demeurent difficiles à étudier en raison de leur faible degré de conservation. Les recherches menées ces dernières années sur des résidus lipidiques piégés dans des poteries anciennes montrent néanmoins que la combinaison d’approches isotopique et moléculaire est un outil efficace pour identifier la nature de vestiges porteurs d’informations primordiales sur les modes de vie et de fonctionnement des sociétés qui nous ont précédés.

Après avoir brossé un tableau des récents développements analytiques dans le domaine de l’archéologie biomoléculaire pour la caractérisation des archéomatériaux organiques, cet article montre comment il est maintenant possible d’accéder à la longue histoire de matériaux méconnus en archéologie tels que les produits laitiers, les résines et goudrons végétaux, ou encore les produits de la ruche. Ces recherches interdisciplinaires permettent également de mieux comprendre les fonctions des poteries archéologiques, qu’elles soient liées à des préparations culinaires ou à d’autres usages.