N° 168 mars-avril 1992

Éditorial

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Rubrique : Éditorial

Les progrès de la science sont jalonnés par ceux des « concepts » et par des résultats expérimentaux. Cette dualité active a été l’objet de controverses passionnées et fécondes ; elle est notre réalité, elle conditionne la vie de nos laboratoires et sous-tend l’enseignement scientifique et la formation des chercheurs.

Les techniques expérimentales dont a pu disposer le chimiste depuis une trentaine d’années et leurs progrès constants ont permis de spectaculaires avancées et il n’est plus pensable d’engager et de mener à bien un programme de recherche sans mettre en œuvre, par exemple, les différentes spectroscopies (X, IR, RMN, RPE, ESCA, SIMS...). L’informatique a remarquablement amélioré les performances et ces méthodes apportent une étendue de possibilités qui ne cesse de s’élargir.

L’application de l’effet tunnel à l’étude des surfaces, en 1982, et la très rapide apparition du microscope à effet tunnel (ou à effet force) qui a suivi ont soulevé un tel intérêt que l’on compte actuellement un millier de microscopes à effet tunnel/force dans le monde et que, en moins de dix ans, quelques milliers de publications et quelques ouvrages lui ont été consacrés.

Il nous a semblé, à l’occasion d’une réunion européenne pluridisciplinaire tenue en juillet 1991 à Mulhouse, que les comptes rendus des publications présentées permettraient à nos lecteurs une bonne appréciation de ce niveau (et relativement facile à utiliser) moyen d’investigation qui est à la disposition des chimistes et physico-chimistes et va certainement permettre de grandes avancées.

Professeur J.-B. Donnet