N° 424 décembre 2017

Enchanter la chimie

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Rubrique : Éditorial

Les accusateurs ou dénonciateurs de la chimie sont plus vocaux que tous ceux qui révèlent les mystères, merveilles et bienfaits de la chimie.
Et pourtant, ils sont moins nombreux ! Donc tous ensemble, nous devrions réenchanter la chimie.

La chimie est une science à la croisée de multiples disciplines. C’est aussi une industrie, des emplois et un terrain fertile d’innovations qui ont amélioré la qualité de vie sur Terre.
Elle n’a pas encore livré tous ses secrets, c’est pour cela que des générations d’étudiants, professeurs, chercheurs, inventeurs… continuent inlassablement de l’explorer au-delà même de notre horizon, dans et sur les planètes.
Elle a permis à l’Homme de se soigner, se nourrir, se protéger, se défendre, se vêtir, s’embellir, aller sur la Lune, se déplacer en voiture, en avion, communiquer, bâtir, peindre, sculpter, chauffer, éclairer, comprendre le réchauffement climatique, créer des matières… La liste est longue et vous pouvez jouer à l’allonger, mon propos n’étant pas d’être exhaustive car la chimie nous réserve encore bien des surprises.
Je suis sûre qu’en qualité de lecteur/lectrice de L’Actualité Chimique, vous partagez cet engouement pour la chimie et voulez participer à son développement.
Votre revue s’efforce grâce à la collaboration des chercheurs et des enseignants de vous tenir au courant, et ce d’autant plus que nous vivons une époque où la chimie est attaquée alors qu’elle est plus que jamais pourvoyeuse de progrès. À nous de convaincre !

Dans ce numéro, vous allez découvrir un sommaire qui est en phase avec tous les courants de pensée : le ribose, essentiel à la vie ; les applications aéronautiques et spatiales ; la folie des tatouages : quête d’identité, parure et risque ; l’étonnante portée des travaux de Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique en 1991, qui a inspiré des applications industrielles dont on ne saurait se passer ; la toxicologie nucléaire humaine ; les recherches menées par les lauréats des Médailles du CNRS qui préfigurent l’avenir en santé, matériaux, régénération osseuse, enzymologie, environnement…, et enfin une place aux rêves d’or. En effet, la chimie stimule l’imaginaire et transforme des rêves en réalité.

Naturellement chimique
Est-ce qu’il vous est venu à l’esprit d’opposer la chimie à la Nature, à la vie ? Si oui, pourquoi ? Vos avis nos intéressent mais en cette fin d’année 2017, nous vous proposons des visions positives.
Au musée des sciences de Munich, une des sections s’intitule « Alles Leben its Chemie », que nous pourrions traduire par « La vie est chimie » ou « La chimie c’est la vie ».
Au pôle Pasteur, en 2006, le prix Nobel de chimie Jean-Marie Lehn donnait une conférence intitulée « De la matière à la vie : la chimie ? La chimie ! » [1]. Il revenait sur le terrain de jeu de la chimie, les peurs, les mythes mais aussi son universalité et son utilité…
En fait, pour réconcilier le grand public avec la chimie, essayons de voir les choses différemment en parlant de « naturellement chimique », au lieu d’opposer « chimique » à « naturel ».

La chimie inspire
Les artistes photographes, cinéastes, maitres verriers, créateurs de mode, de bijoux, de parfums, peintres de l’Antiquité à nos jours, ont tous été inspirés par la chimie… peut-être sans le savoir.
Des congrès, des salons, des expositions, des livres, des jeux lui sont consacrés. Des centres universitaires et culturels s’efforcent de lui redonner ses lettres de noblesse.
Toute l’équipe de L’Actualité Chimique et les auteurs contributeurs sont investis d’une mission : valoriser la chimie. Ils partagent une passion pour cette science et ses applications… vous aussi sans doute. Donc nous vous proposons d’Enchanter la chimie dans tous nos numéros en allant dénicher des hommes et des femmes porteurs de sujets inscrits dans cette dynamique.

Joyeuses fêtes, toutes illuminées, gâtées, animées… par des créations chimiques.

Patricia Pineau
Rédactrice en chef

Couverture

Coques de cristaux liquides cholestériques observées en lumière polarisée.
© Guillaume Durey et Teresa Lopez-Leon, Laboratoire Gulliver, ESPCI Paris