N° 188 avril-mai 1995

Faut-il psychanalyser la chimie ? Entre sorcière et fée : fantasmes et mythes dans la représentation publique de la chimie

Page : 5
Rubrique : Recherche et développement
Mots-clés : Chimie, psychanalyse, mythe, communication, bande-dessinée, société, média
© Peyo (licence IMP, Bruxelles, 1995).

« La mixture dans le chaudron bouillonne et le feu flambe », par Y. Delporte et Peyo. Extrait de l’album Les schtroumpfs « Noirs », p. 8.

La chimie est une science difficile, perçue comme utile, mais en même temps dangereuse. L’image de la chimie dans l’opinion publique oscille entre celle de la fée et celle de la sorcière, les savants font plutôt fée, l’industrie sorcière.

Cette image est, en fait, encombrée de fantasmes et de mythes, qui, là plus que pour d’autres disciplines scientifiques, touchent facilement un fond émotionnel. Il en résulte des difficultés pratiques.

Inquiets, hommes politiques et citoyens demandent fréquemment des comptes. Les explications techniques qui leur sont données sont souvent mal comprises. La chimie est très difficile à vulgariser en raison de l’hermétisme de son langage.

Pourtant, elle représente probablement le domaine où la science et l’industrie sont le plus directement au contact de la société, par exemple au niveau des problèmes d’environnement.

Pour savoir comment un dialogue peut se construire, il est nécessaire de faire l’analyse des blocages proprement culturels qui sont impliqués dans l’image de la chimie que perçoit la population.