N° 397-398 juin-juillet 2015

Fluorescence intrinsèque de l’ADN

Pagination : 29-34
Sous-thème : Vivant
Mots-clés : ADN, fluorescence, spectroscopie femtoseconde, G-quadruplexes, excitons, Année internationale de la lumière.
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Dessin de Ghislain Aubry.

Pendant longtemps, l’ADN a été considéré comme non fluorescent. Ceci n’est pas étonnant compte tenu du fait que le rendement quantique de fluorescence des acides nucléiques est extrêmement faible, de l’ordre de 10-4. Mais depuis le début du XXIe siècle, grâce au développement de protocoles d’expérimentation spécifiques et aux avancées en instrumentation, des études systématiques sur la fluorescence intrinsèque de l’ADN ont pu être menées. On a pu ainsi obtenir non seulement des spectres de fluorescence, mais aussi une pléthore de données résolues en temps, de la femtoseconde à la nanoseconde.

Ces résultats, associés à des travaux théoriques, ont grandement contribué à la compréhension de l’interaction du rayonnement UV avec l’ADN. Ils ont notamment permis de décrire les processus responsables de la désactivation ultra-rapide des états excités des briques élémentaires, d’obtenir des informations sur les voies complexes que suit l’énergie des photons UV au sein des doubles hélices, énergie capable de provoquer des mutations cancérigènes, et enfin de démontrer le comportement collectif des excitations électroniques, particulièrement prononcé dans le cas de G-quadruplexes, structures impliquées dans d’importants processus biologiques mais également prometteuses pour des applications dans le domaine de l’électronique moléculaire et l’optoélectronique.