N° 340 avril 2010

Il y a cent ans... naissait le pH

Pagination : 35-41
Rubrique : Histoire de la chimie
Mots-clés : pH, ion hydrogène, H+, proton, Sørensen, histoire de la chimie.
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L’intensité de fluorescence de la fluorescéine, le plus ancien colorant fluorescent synthétique (Baeyer, 1871), varie en fonction du pH dans le domaine 5-8. Cette sonde de pH est donc bien adaptée aux milieux biologiques.

En 1909, le biochimiste danois S.P.L. Sørensen, comprenant que les vitesses des réactions enzymatiques dépendaient de la concentration des ions hydrogène et non de l’acidité totale, inventait le pH. Rapidement adopté par les biochimistes, le pH fut plus tardivement accepté par les chimistes, plus critiques, et qui n’en ressentirent pas de suite l’utilité.

Après avoir évoqué les progrès de la physico-chimie qui, depuis le milieu du XIXe siècle, furent le prélude à l’introduction du pH, cet article précise le contexte de l’invention, puis celui de la mutation, en 1924, de la grandeur pH en paH.

Mais au terme d’un siècle d’existence, le pH, sous son apparente banalité, soulève encore des questions : d’abord les interrogations posées par sa mesure, car l’activité d’un ion individuel n’est pas directement mesurable par une méthode thermodynamiquement valide, mais également les questions fondamentales relatives à la structure de l’ion hydrogène et à sa mobilité. La versatilité de cette espèce, traduite par la formule H(H2O)n+, et sa propagation en relation avec la dynamique des liaisons hydrogène de l’eau, sont autant de sujets qui continuent à passionner les chercheurs d’aujourd’hui, de la chimie à la biologie.