N° 153 juillet-août 1989

Il y a cinquante ans, la découverte du francium

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Rubrique : Articles généraux

En octobre 1929, Marie Curie confia à une jeune laborantine qui était sa préparatrice particulière, Marguerite Perey, qui venait d’être embauchée à l’Institut du radium, le soin de préparer un composé de lanthane fortement enrichi en 227Ac.
Agée à peine de vingt ans, Marguerite Perey venait d’obtenir un diplôme de technicien chimiste. Durant les premières années à l’Institut, elle acquit le savoir-faire et l’expérience de la radiochimie. Non sans prendre de sérieux risques pour sa santé, la jeune technicienne réussit à préparer la source d’actinium la plus intense de l’époque : une dizaine de millicuries dans quelques milligrammes d’oxyde de lanthane.
Après le décès de Marie Curie, Marguerite poursuivit ses expériences sur l’actinium sous la direction d’André Debierne et Irène Joliot-Curie. Au cours de ses travaux, dans le courant de l’automne 1938, elle observa une anomalie qui mena à la découverte d’un nouvel élément qu’elle proposa d’appeler le francium (Fr).
Notons qu’en 1962, son élection à l’Académie des sciences comme membre correspondant fit sensation : pour la première fois depuis sa fondation par Colbert en 1666, l’Académie ouvrait ses portes à une femme.

Avec le polonium, le radium et l’actinium, le francium est le quatrième radioélément découvert en France ; c’est aussi le dernier élément qui ait été trouvé dans la nature. Sa teneur dans la croûte terrestre est estimée à une vingtaine de grammes.