N° 263 février 2003

L’étrange thermodynamique des sociétés savantes...

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Rubrique : Éditorial
Mots-clés : Sociétés savantes, numéros thématiques, fédération.

Le roi est mort ! Vive le roi ! annonçait-on au moment d’un changement de règne à la mort d’un souverain. La Fédération Française de Chimie est morte ! Vive la Fédération ! Car il s’agit bien de cela, nous n’assistons pas à une naissance, mais une renaissance. Peu d’entre nous s’en souviennent, mais depuis 1979, il existe une Fédération regroupant une dizaine de sociétés du domaine de la chimie – les statuts sont toujours valables et l’on trouve des traces de l’activité de cette Fédération dans L’actualité Chimique jusqu’en 1984 !

Alors, devant les louables efforts pour relancer un regroupement de sociétés savantes, faut-il être optimiste ou pessimiste ? Examinons les « pros et les cons » pour employer une expression en usage aux États-Unis (mais de grâce, n’y voyez pas de malice !).

La raison principale d’être pessimiste tout d’abord, on la retrouve dans l’étrange comportement anti-thermodynamique des sociétés savantes qui fait qu’une multitude de gouttelettes d’une même nature constitue un ensemble plus stables qu’une grosse goutte. Mais il est vrai que nos gouttelettes ne sont pas constituées de molécules, mais d’individus ! Une autre raison de pessimisme est évidente en considérant le petit nombre de sociétés à la base de cette « refondation »… ; que d’efforts à déployer pour que tous les groupes, les groupes, les sociétés, les associations pour qui la chimie joue un rôle important trouvent un intérêt à se rassembler sans qu’ils aient pour autant l’impression de devoir s’allonger sur le lit de Procuste.

Et maintenant, pour être optimiste ? Tout d’abord, « point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni pour persévérer », et surtout cette nouvelle Fédération devrait bénéficier d’un double parrainage, celui de l’industrie et celui du CNRS qui, nous l’espérons, contribuera à définir pour la Fédération un espace pour des actions en matière d’information scientifique, de réflexion prospective, d’information vers le public et de formation.

En définitive, même si l’évocation du passé incite au pessimisme, l’optimisme est une obligation ; mais pour réussir, il faudra inventer des modes de fonctionnements originaux, et sans doute mobiliser des femmes et des hommes nouveaux, et si possible encore impliqués dans la vie active.

En relisant ce que j’écrivais dans le numéro de janvier, je m’aperçois que je n’ai pas évoqué les numéros spéciaux en préparation à paraître en 2003. L’évolution de la chimie organique, en collaboration avec le CNRS, paraîtra dans le premier semestre. Nous aurons ensuite un numéro sur les applications des isotopes stables et, à la fin de l’année, nous prévoyons de publier une revue sur la chimie dans les sciences médicales. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à nous les soumettre, nous les discuterons au Comité de rédactions.

Bernard Sillion
Rédacteur en Chef