N° 322 août-septembre 2008

La Société Chimique de France : un nouvel essor

Page : 2
Rubrique : Éditorial

Les dix chantiers du plan d’action pour l’essor de la SCF.

Il est impossible de se résigner à accepter que la société savante qui représente la chimie française ne fasse état que d’un si faible nombre d’adhérents (environ 4 000 à l’heure actuelle). Il y a trop de décalage entre ce nombre complètement disproportionné et la réalité des chiffres de la chimie française. C’est ignorer l’importance de sa mission : faire connaître la place centrale de la chimie et les enjeux qu’elle conditionne dans la société d’aujourd’hui en matière d’économie, d’environnement et de santé, expliquer et mettre en avant les sciences chimiques et l’industrie chimique, représenter et valoriser la communauté des chimistes français, actions trop souvent victimes du désintéressement, ou pire, de la méfiance du grand public.

Dès son élection, en novembre 2007, le nouveau Bureau, emmené par Olivier Homolle, a décidé de se saisir énergiquement de cette question. Les consultations conduites en conséquence ont tout de suite fait ressortir un paradoxe regrettable qu’il faut s’efforcer de comprendre pour pouvoir ensuite y remédier : les collègues consultés au cours de réunions spécifiques – présidents de divisions, de groupes régionaux, de groupes thématiques, la Fédération Gay-Lussac (FGL), la Fédération Française pour les sciences de la Chimie (FFC) – montrent tous un profond attachement à la Société Chimique de France, une estime et une attente envers elle, et le manifestent par d’importants efforts pour animer la vie scientifique. Mais tous éprouvent la difficulté de mobiliser les laboratoires et les entreprises industrielles et s’efforcent de contourner cette inertie – avec un succès qui pourrait décourager, n’était l’importance des enjeux pour la chimie et plus généralement pour la vie et les vocations scientifiques.

Les consultations et réflexions en cours depuis le début de l’année ont ainsi permis d’identifier un certain nombre de points à améliorer au sein de la Société Chimique de France et ont conduit à l’adoption d’un plan d’actions, approuvé par le Conseil d’administration du 23 juin 2008, qui distingue dix « chantiers » (voir tableau) pour chacun desquels un ou plusieurs animateurs sont prévus. Il s’agit en fait d’un appel à la mobilisation de la communauté, car derrière chaque chantier, c’est la participation de chacun qui est sollicitée. À travers ces groupes de travail spécialisés, ce sont des décisions concrètes qui sont visées : lancement de nouvelles actions, changements organisationnels, etc. La « communication », dans tous les sens de ce terme souvent galvaudé, est au centre de ces actions – mais principalement peut-être, la communication entre tous les membres. C’est dire que tous doivent se sentir invités à « participer » aux réflexions, aux suggestions, aux mises en œuvre – en d’autres termes : à participer à la redynamisation de leur société savante.

Le changement de nom de « Société Française de Chimie » en celui de « Société Chimique de France » qui positionne mieux le rôle institutionnel (changement effectif depuis juillet 2008), l’implantation de la Société au sein de la Maison de la Chimie, lieu de stature nationale, qui doit intervenir dès le début de l’année 2009, sont des symboles qui marquent une nouvelle naissance. Un colloque sur la « refondation de la Société Chimique de France » sera organisé dans les prochains mois. Que chacun comprenne que tous ces efforts, toutes ces manifestations construisent un événement : la création d’une association renouvelée, où il sera chez lui et où il pourra épanouir sa personnalité de professionnel de la chimie selon son goût et son talent, en parfaite interaction avec tous ceux qui apprécient les sciences chimiques et leurs applications et ont foi en leur importance pour la société !

Le Bureau de la SCF

Couverture

Au sortir de la mine, le minerai est concassé et broyé, avant d’être traité par lixiviation pour être concentré. On obtient alors une pâte jaune appelée « yellow cake », d’une teneur de l’ordre de 80 % en poids d’uranium, principalement sous forme de trioxyde U3O8. Photo : © AREVA/P. Lesage.