N° 195 juin-juillet 1996

La Société Française de Chimie : une société en mouvement

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Rubrique : Éditorial

Le monde évolue rapidement. La Société Française de Chimie fait de même.

En cette période de fin d’année universitaire, il paraît opportun de dresser un tableau des changements qui interviennent, depuis quelques années, sous l’autorité du Président Marc Julia, au sein de notre Société.

Si la SFC préserve soigneusement sa mission essentielle de société savante, publiant des revues scientifiques d’un haut niveau dont la qualité s’est singulièrement affirmée au cours de ces dernières années, favorisant les rencontres scientifiques dans le cadre de ses divisions, de ses groupes spécialisés, de ses sections régionales et de son congrès, attirant les étudiants vers la chimie par le développement de ses clubs de jeunes, elle a créé en son sein, depuis deux ans, des structures et des activités nouvelles destinées à en faire une communauté plus vivante, plus ouverte sur son environnement, plus apte à rendre différents services à ses membres et à défendre les intérêts des chimistes français au sein de la communauté chimique européenne qui se constitue, parfois difficilement, mais de façon inexorable.

C’est ainsi qu’elle est en mesure aujourd’hui d’assurer, en permanence, des actions, communes à l’ensemble des divisions et des sections régionales, et une communication entre ces structures internes qui faisait, reconnaissons-le, un peu défaut.

À cette fin, elle a substitué à la division Enseignement de la chimie, dont les activités étaient suffisamment connues des membres de la Société, une commission interdivisions Enseignement, où toutes les divisions de la Société sont représentées, et où siègent également des personnalités qui ont fait la preuve, par différentes voies, de leurs compétences et de leur expérience dans ce domaine. Par cette commission, l’ensemble de la Société est à même de s’exprimer sur les différents problèmes posés par l’enseignement de la chimie, de faire des propositions, de mieux connaître les JIREC (Journée de l’innovation et de la recherche en enseignement de la chimie), et de suggérer la mise en place de moyens susceptibles de contribuer à l’amélioration de cet enseignement : il en est notamment ainsi de la création d’un serveur Internet SFC accessible à tous les enseignants du supérieur, à ceux de l’enseignement secondaire, et aux entreprises industrielles.

Dans le même esprit, le comité de rédaction de L’Actualité Chimique compte un représentant de chaque division, aux côtés de personnalités issues de grands organismes de recherche et de différents secteurs de l’industrie chimique ou de l’enseignement.

De la sorte, la vocation de lieu d’échanges d’informations et d’idées, qui est celle de faire connaître à l’ensemble de la communauté, par des articles de spécialistes ou des mises au point, les avancées scientifiques importantes dans chacun de leurs domaines ; les représentants de l’industrie, parfois en liaison avec ceux des divisions, s’attachent à porter à la connaissance de nos lecteurs l’évolution des productions et des procédés industriels sous tous leurs aspects ; les représentants des enseignants et des musées sont à même d’informer la communauté de l’évolution de l’enseignement et de la présentation de la chimie à différents niveaux, des problèmes qu’elle soulève et des moyens qui seraient nécessaires.

Mais les services que la Société entend rendre à ses membres va au-delà de ces initiatives : ainsi, un service de l’emploi, destiné à faciliter l’insertion des jeunes diplômés dans l’industrie à la faveur des bonnes relations que la Société s’attache à développer avec les milieux professionnels, s’est-il mis en place. Dans un autre ordre de préoccupation, la SFC s’attache à obtenir divers avantages à ses membres, soit au plan national (dans les secteurs commerciaux et financiers notamment), soit au plan international à la faveur des relations de plus en plus étroites que la SFC établit avec les sociétés chimiques sœurs, en particulier en Europe.

Enfin, et ce n’est pas l’un des moindres aspects de l’activité actuelle de la SFC, elle s’efforce de remplir au mieux sa fonction de représentant des chimistes français dans le cadre des négociations difficiles et laborieuses qui interviennent avec les autres sociétés chimiques voisines et les organismes européens : ceux-ci se structurent en effet progressivement pour constituer les porte-parole des chimistes au niveau des instances européennes, et au niveau mondial.

Comme on le voit, notre Société s’est pleinement engagée, avec les moyens dont elle dispose, dans de multiples opérations visant à l’épanouissement de toutes les composantes de la chimie française, et à leur représentation dans les difficiles négociations internationales en cours. Son efficacité, on le comprend aisément, serait considérablement accrue si tous les chimistes français se retrouvaient en son sein, lui donnant ainsi un supplément de moyens et d’autorité qui devient de plus en plus indispensable.

Gérard Montel
Rédacteur en chef

Couverture

Arbre moléculaire : représentation d’un dendrimère de dixième génération (cf. l’article de J.-P. Majoral et A.-M. Caminade, p. 13).