N° 360-361 février-mars 2012

La « sinomania » est-elle bien raisonnable ?

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Rubrique : Chroniques

Début 2012, la première promotion de 75 diplômés de l’École Centrale de Pékin a été largement fêtée. L’école, installée en 2005 au nord de Pékin en partenariat avec l’Université aéronautique de Beihang, forme en six ans des centraliens chinois qui, à l’issue de leurs études, ont le double diplôme : ingénieur Centrale reconnu par la CTI (Commission des titres d’ingénieur) et Master de l’Université de Beihang.

Ce modèle,actuellement le plus intégré de formation à la française, n’est pas solitaire dans l’Empire du Milieu. L’Université technologique de Compiègne a implanté à Shanghai l’Université de technologie sino-européenne et l’Institut francochinois d’énergie nucléaire s’est créé en 2011 à Zhuhai. La France a suivi d’autres pays dans ces schémas.

L’Allemagne forme en plusieurs endroits des ingénieurs de fabrication sur le modèle des « Technische Hochschulen ». Le Royaume-Uni a implanté deux campus interdisciplinaires, alors que les États-Unis, jusqu’ici partisans d’exporter en Chine les diplômés formés dans leurs universités américaines (les fameux « haigui »), projettent de créer leur première université en 2013.

En chimie, nous ne sommes pas en reste : l’ENSCP et l’ESPCI sont parties prenantes avec ParisTech de l’accord avec neuf universités chinoises de Pékin, Shanghai et Nanjing, permettant à environ cent étudiants chinois d’obtenir le double diplôme avec l’une des neuf écoles de ParisTech. Les écoles de la Fédération Gay-Lussac viennent de signer en 2011 une convention avec l’East China University of Science and Technology (ECUST) qui permettra à soixante étudiants chinois, après une préparation et l’obtention du Bachelor, d’intégrer en septembre 2012 l’une des dix-neuf écoles de chimie et de génie chimique de la Fédération.