N° 451 mai 2020

Le marc de café : nouvel or brun des chimistes ?

Pagination : 29-33
Rubrique : Recherche et développement
Mots-clés : Marc de café, chimie durable, carbohydrates, polyphénols, lipides, méthanisation, bioressources, bioraffinerie, cosmétique.
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Pourcentage massique de la cerise de caféier que l’on retrouve au final dans le marc et la tasse de café.

Si les alchimistes d’hier cherchaient un moyen de transformer le plomb en or, certains chimistes d’aujourd’hui se tournent vers une toute autre matière première : le marc de café. Souvent considéré à tort comme un déchet, c’est en réalité une mine d’or. En effet, sa composition chimique, riche et variée, permet d’envisager des solutions de valorisation à forte valeur ajoutée dans des domaines aussi divers que l’énergie, les matériaux, la nutraceutique ou la cosmétique.

La chimie permet ainsi de transformer le marc de café, en particulier ses 45 à 50 % de polysaccharides en bioéthanol ou biopolymère PHA, ses 10 à 15 % de lipides en biodiesel, ses 0,5 à 3 % d’acides chlorogéniques en extrait antioxydant, ou encore d’extraire ses 0,5 % de caféine comme ingrédient pour l’industrie agroalimentaire ou la nutraceutique.

Par ailleurs, le marc peut également être transformé en granulés pour le chauffage, en charbon actif pour la dépollution, ou encore entrer dans la composition de matériaux pour la fabrication de tasses et de plateaux utilisés dans la restauration rapide.

Cet article présente un état de l’art non exhaustif des principales voies de valorisation physico-chimique du marc de café ainsi que leurs applications dans les industries d’aujourd’hui et de demain.