N° 396 mai 2015

Les JIREC, pourquoi c’est important

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Rubrique : Éditorial

Depuis plus de trente ans, les Journées de l’innovation et de la recherche pour l’enseignement de la chimie (JIREC) sont le rendez-vous annuel de l’enseignement de la chimie. Elles sont animées par les membres de la division Enseignement-Formation (DEF) de la Société Chimique de France (SCF), avec la participation d’une école ou d’une université et l’appui du Ministère de l’Éducation nationale, en particulier de l’Inspection générale de physiquechimie qui les a inscrites dans les plans de formation des professeurs des lycées. Lieu de rencontres et d’échanges particulièrement conviviaux, elles font le lien entre les enseignements du secondaire et du supérieur, et les chercheurs des laboratoires de recherche, universitaires ou industriels. Conférences, ateliers expérimentaux (très appréciés par les participants) et tables rondes réunissent chaque année quelques 150 personnes autour d’un thème : la couleur en 2014 ; la formulation en 2015 ; « Chimie et vérités » prévu pour janvier 2016 à Lyon. Les éléments les plus significatifs, et notamment les conférences assurées par nos meilleurs chercheurs, font l’objet d’articles publiés chaque année dans L’Actualité Chimique (en accès libre en ligne) sous la houlette de Katia Fajerwerg.

Il serait sans doute souhaitable que les divisions de la SCF y prennent une place plus importante, pour y débattre des nouveaux cursus, des difficultés d’enseignement de certains concepts dans les lycées, écoles et universités. De telles confrontations (dans la meilleure acception du terme) peuvent être décisives en ce qu’elles décloisonnent les informations, favorisent et enrichissent des partenariats dont l’objectif est bien de faire comprendre et aimer la chimie. La présence cette année de membres du Réseau des Jeunes chimistes (RJ-SCF) est un élément important du nécessaire passage de relais entre générations. De même, la participation effective et efficace d’industriels pourrait être plus grande encore, permettant de prendre en compte, dans la réflexion générale sur la transmission de la chimie aux étudiants, le point de vue de potentiels employeurs.
Et pourquoi pas une soirée grand public, à l’instar (en plus modeste) des journées « Chimie & Terroir », dont un bilananalyse est justement publié dans ce numéro ?

La SCF a toujours été attentive à promouvoir et soutenir les actions rapprochant la recherche et l’enseignement, comme le colloque « De la recherche à l’enseignement » qui réunit en septembre plus de 100 professeurs de chimie des CPGE et de lycées, avec des conférenciers lauréats récents de la SCF, du CNRS ou de l’Académie des sciences. Encore une initiative qui, chaque année, mêle, dans une atmosphère aussi studieuse que chaleureuse, des participants de tous âges et de formations variées, en quête de connaissances nouvelles et d’inspiration. D’ailleurs, L’Actualité Chimique entretient des relations étroites avec l’Union des professeurs de physique et de chimie (UdPPC), relations qu’elle tient à maintenir et même renforcer. À titre d’exemple, le partage de nos fiches « Un point sur ».

Si les découvertes et les innovations sont le fait d’auteurs (reconnus comme tels ou non), ce sont, comme en musique, les interprètes qui font aimer et comprendre la culture scientifique. Ce rôle est trop souvent sous-estimé, voire ignoré. Une chimie vivante, renouvelée en relation avec l’actualité, la présence de spécialistes de la pédagogie et de la didactique, d’historiens des sciences, mais aussi de chimistes, d’informaticiens, de mathématiciens, de physiciens… font le succès de ces journées.

Cependant, l’influence de la SCF sur l’enseignement comme sur la recherche serait décuplée si tous les chimistes, au moins ceux du secteur public, se sentaient suffisamment responsables pour adhérer au « réseau des chimistes »… Le noyau dur de notre association plafonne à 3 000 adhérents alors que l’Allemagne et le Royaume-Uni enregistrent plusieurs dizaines de milliers d’adhérents pour des tailles sensiblement comparables. L’esprit gaulois a son charme, mais l’union a aussi son intérêt, par exemple vis-à-vis des instances européennes dans lesquelles le retour vers nos laboratoires et amphithéâtres est bien inférieur à ce qu’il devrait être. Une adhésion massive renforcerait notre support spécifique d’informations, L’Actualité Chimique et son site Internet, et permettrait d’envisager une diffusion plus européenne (au moins), et quelle motivation pour nos quelque 350 auteurs que nous tenons à remercier à nouveau !

Comme l’écrit Antoine de Saint-Exupéry, et comme notre tentation jacobine l’oublie trop souvent : «  Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible. »

Rose Agnès Jacquesy (rédactrice en chef) et
Jean-Pierre Foulon (conseiller de la Rédaction)

Couverture

Tableau de Laura Beullier, licence Sciences et Humanités (Université Aix-Marseille), 2013. Reproduit avec son aimable autorisation.
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