N° 429 mai 2018

Les scientifiques pris dans la tourmente de la désinformation

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Rubrique : Éditorial

« Désinformation scientifique », un terme contemporain pour définir les rumeurs, mensonges, faits alternatifs ou fake news qui se propagent sur le web. Certains parlent de complot, de conspiration, d’atteinte à la démocratie. À L’Actualité Chimique, nous sommes attachés à la défense de l’information scientifique, produite par des chercheurs, suite à des travaux rigoureux, évalués par leurs pairs… mais force est de constater que cette information est bafouée, détournée et à l’origine de comportements de nos concitoyens qui les rendent ignorants (certains pensent encore que la Terre est plate) ou les mettent en danger : refuser de vacciner les enfants, éloigner les patients de certains médicaments, bannir l’hygiène et abandonner certains aliments. Plusieurs sociétés savantes ont décidé de réagir en organisant une journée Sciences et Médias consacrée à la désinformation scientifique. Quels sont les acteurs, les raisons, les modes opératoires, les conséquences ? Comment réagir ? Les chercheurs détiennent des informations vraies qu’ils n’arrivent plus à imposer et les sciences perdent leur attrait aux yeux des jeunes et du grand public alors qu’il y a peu, elles fascinaient !

Dans ce numéro, nous consacrons un dossier à ce sujet qui apporte des points de vue et des exemples riches et variés. Mais ne baissons pas les bras, il y a de très belles choses réalisées par les chimistes qui apportent bien souvent des solutions aux problèmes sociétaux : le recyclage des plastiques, des molécules capables de tuer des cellules cancéreuses, des combustibles plus robustes pour éviter des catastrophes nucléaires. Ces réalisations sont décrites dans ce numéro.

Retour sur les femmes de sciences
Après avoir étudié la facette historique de la représentation des femmes chimistes au cours des siècles, l’auteure Catherine Louis revient sur la question plus large du nombre de femmes scientifiques dans le monde, toutes disciplines confondues. Les statistiques sont récentes car plusieurs états ont mis la question du genre à l’ordre du jour de leur calendrier législatif, mais force est de constater que les préjugés résistent et ralentissent l’augmentation du nombre de femmes de sciences. En lien avec le sujet précédent, on pourrait s’interroger : seraient-elles plus crédibles pour justifier la vaccination ou le choix des aliments et produits de protection solaire ? Elles n’ont pas encore atteint la taille critique mais les jeunes générations devraient y parvenir, si, une fois encore, elles étaient attirées par les sciences.

Les jeunes chimistes agissent
À l’initiative de la Société Chimique de France, est né le Réseau des Jeunes chimistes RJ-SCF qui est composé de réseaux régionaux. Présidé par une jeune femme, Amélie Wannebroucq, le réseau et ses quinze délégations s’investissent dans des initiatives qui devraient attirer les scolaires et étudiants, promouvoir la chimie et intéresser la société qui compte sur ses jeunes pour assurer croissance, innovation et bien-être.

Bonne lecture et n’hésitez pas à relayer nos informations, susciter des vocations et battre le fer avec les détracteurs et faux experts de la science.

Patricia Pineau
Rédactrice en chef