N° 362 avril 2012

OGM : Obscurantisme Général Majoritaire ?

Pagination : 6-7
Rubrique : Chroniques
Sous-rubrique : Polémiques

De jeunes agriculteurs ont déposé en janvier quelques tonnes de fumier devant le Ministère de l’Environnement pour protester devant la montée de la complexité des règles environnementales. En février, la FNSEA, premier syndicat agricole, et l’Ania, représentant les industriels de l’alimentaire, ont claqué la porte du Comité économique, éthique et social du Haut conseil des biotechnologies devant les atermoiements de l’État et l’illisibilité de la position du gouvernement en matière de culture des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Car le 23 janvier, une centaine de militants de la Confédération paysanne et des faucheurs volontaires, entrés par effraction sur le site de Monsanto à Trèbes dans l’Aube, avaient vidé les sacs de maïs OGM MON 810 dont ils réclament l’interdiction. Et pourtant, depuis qu’en 2008 le Conseil d’État a annulé la clause de sauvegarde, les agriculteurs français peuvent en théorie en planter, à condition d’attendre la période des semis en mars. « France terre hostile aux OGM » ? La plupart des semenciers en sont persuadés. Monsanto a indiqué dans la foulée qu’il ne vendrait pas de maïs transgénique en France en 2012, « les conditions favorables à sa commercialisation n’étant pas réunies. »

Déjà, début janvier, BASF avait annoncé qu’il renonçait au développement et à la mise sur le marché européen de ses projets OGM, malgré son intime conviction que les biotechnologies vertes seront cruciales pour le XXIe siècle, car elles ne sont pas suffisamment acceptées dans de nombreuses régions en Europe. En effet, à l’exception de l’Espagne, de la Roumanie, de la République tchèque et de l’Allemagne, il n’y a aucun soutien politique à la culture d’OGM. C’est l’abandon de la pomme de terre Amflora renforcée en amidon à destination de l’industrie de la chimie végétale, et de la Fortuna résistante au mildiou. Conséquence pour l’Europe : le siège de la recherche en culture transgénique quitte l’Allemagne pour la Caroline du Sud aux États-Unis. Monsanto, après s’être implanté en Inde et au Pakistan, lorgne sur le Népal, où il rencontre quelques résistances paysannes...