N° 412 novembre 2016

Peptides-médicaments et maladies auto-immunes chroniques

Pagination : 15-19
Rubrique : Recherche et développement
Mots-clés : Peptides thérapeutiques, lupus érythémateux disséminé, souris lupique modèle, essai clinique, immunomodulation.
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Structure de l’insuline, un peptide naturel bioactif.

Les maladies auto-immunes sont la conséquence d’une réponse immune contre l’organisme lui-même, anormalement considéré comme étranger. Prototype des maladies auto-immunes, le lupus érythémateux disséminé se caractérise par un état inflammatoire et des dommages variés dans des tissus sains.

Les traitements actuels sont principalement basés sur des médicaments de type immunosuppresseur qui engendrent de nombreux effets secondaires. Il y a donc un besoin urgent de développer des stratégies efficaces et sans danger pour contrôler ce syndrome complexe.

Dans ce cadre, le peptide synthétique P140/Lupuzor™ est un candidat-médicament très prometteur. Ce phosphopeptide a montré son efficacité dans un essai clinique de phase IIb et est actuellement évalué dans un essai multicentrique de phase III. Ce n’est pas un immunosuppresseur ; il cible les lymphocytes T auxiliaires autoréactifs, ce qui engendre une réduction de la différentiation de cellules B autoréactives et de fait, le taux d’autoanticorps circulants.

Des résultats récents concernant son mécanisme d’action permettent de mieux comprendre comment un seul peptide peut contrôler une maladie systémique aussi hétérogène et exercer son activité remarquable chez les patients atteints par ce désordre auto-immun particulièrement handicapant. Il illustre le potentiel des peptides-médicaments dans l’arsenal des outils thérapeutiques que nous avons aujourd’hui à notre disposition.