N° 246 mai 2001

Pétrole de demain

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Rubrique : Éditorial

Il y a une quarantaine d’années, les « Pétrofuturologues » les plus péremptoires expliquaient que les réserves de pétroles seraient épuisées à l’horizon 2010, les plus prudents ajoutaient toutefois « si on ne découvre pas de nouveaux gisements... ». La consommation a augmenté, on a trouvé des gisements, et nous avons vécu avec cette constante de temps de quarante ans environ, toujours valable aujourd’hui ! Bien entendu, la vitesse de consommation du pétrole étant infiniment supérieure à sa vitesse de formation, nous sommes très loin des conditions d’un état stationnaire, et l’on peut prédire sans aucun risque un épuisement définitif des ressources. Ce qui est intéressant dans l’analyse de J.-F. Giannesini (Institut Français du Pétrole), c’est que la nécessité de modérer la consommation de produits pétroliers n’est plus motivée uniquement par l’idée d’économiser les ressources (ce qui était le cas après le premier choc pétrolier de 1974), mais aussi par la prise en compte de l’impact de la combustion des hydrocarbures sur la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère. Cet article qui traite de l’industrie pétrolière sous ses différents aspect économiques, politiques, environnementaux... est intéressant pour tous les chimistes dont le pétrole est pour longtemps encore, la principale matières première.

Le plaidoyer du professeur Chu Dinh Kinh pour la recherche en chimie au Vietnam complète le dossier présenté dans le numéro d’avril. Cette critique sans complaisance de l’organisation de la recherche, d’une certaine inadéquation de la formation des jeunes aux problèmes du pays, etc. a des échos qui dépassent une situation locale.

Nous présentons dans ce numéro la deuxième courte communication sur des travaux originaux d’un laboratoire ; cette nouvelle orientation du journal a été débattue au comité de rédaction qui recommande une certaine prudence. Nous verrons dans l’avenir si la publication d’une petite dose de ce type d’articles primaires apporte un surcroît d’intérêt au journal.

Y aura-t-il une place dans les années qui viennent pour des entreprises de chimie de spécialité issues de la recherche publique ? Doivent-elles rester des traits d’union entre la recherche et l’industrie en assurant une fonction de prédéveloppement ou se développer autour de quelques produits nouveaux ? PolymerExpert sera sans doute un expérience intéressante à suivre.

Grâce à ce numéro, vous saurez tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans oser le demander sur la licence professionnelle. En outre, vous disposerez d’un lexique expliquant les sigles de l’enseignement supérieur qui vous permettra de briller sans effort dans les dîners « bobo ».

Par chance, nous avons reçu dans le même temps, deux articles d’histoire sur deux grands chimistes du XIXe siècle, maître et élève, J.-B. Dumas et A. Laurent qui ont joué un rôle déterminant pour l’évolution vers un chimie moderne, en particulier par la découverte de la loi des substitutions. Mais quelles différences de carrières entre l’homme reconnu et celui qui sentait le soufre !

Nous voici au deuxième numéro d’une AC « relookée », nous sommes dans le « stress » attendant le « feed-back » de nos lecteurs... Pardon Daniel Vivien, je n’avais pas encore lu votre tribune libre sur le « Franglais »...

Bernard Sillion
Rédacteur en Chef