N° 275 mai 2004

Présentation historique du Traité de Chimie organique de Victor Grignard

Pagination : 36-45
Rubrique : Histoire de la chimie
Mots-clés : Histoire de la chimie, Victor Grignard, Traité de Chimie organique.

Cet article est le premier de la série publiée suite à la conférence du club Histoire de la chimie qui s’est tenue à Lyon le 19 juin 2003, consacrée à Victor Grignard et le Traité de Chimie organique (voir présentation dans le même numéro).

Le 11 juin 1930, les éditeurs Masson et Cie adressent à Victor Grignard une lettre dans laquelle ils le remercient de l’accueil que ce dernier « a bien voulu faire à notre ami Mr Paul Baud » et disent tout l’espoir « que nous avons de vous voir accepter la proposition qu’il vous a faite ». Il s’agit d’entreprendre la publication du Traité de Chimie organique.

Dès juillet, les conditions sont nettement définies : répartition des rôles, délais de parution, honoraires aux collaborateurs, à la Direction, examen de la possibilité d’une traduction, de la démission du directeur ou de la mort du pauvre Baud. On envisage huit volumes de 900 à 1 000 pages chacun, la première édition étant fixée à 2 500 exemplaires. Enfin, il semble que les éditeurs tiennent très fort à quelque chose comme un esprit Masson, qu’ils entendent imprimer à tous les ouvrages qu’ils éditent, et le Traité de Chimie minérale, dont trois volumes sont en cours d’impression, est le modèle auquel on se réfère. Le Traité de Pharmacie chimique, que viennent de publier Lebeau et Courtois, est immédiatement envoyé à Grignard, afin qu’il puisse « juger de ce que nous pouvons faire dans ce genre de publications » ; aux conditions préalables que :

  1. il se sera assuré la collaboration de toute une gamme de spécialistes,
  2. on se sera mis d’accord sur le plan de l’ouvrage et sur la nomenclature.

Le 23 juillet, Grignard accepte de diriger un traité d’une telle importance et qui présentera des difficultés très différentes de celles rencontrées pour le Traité de Chimie minérale. Il tient à lui donner une forme didactique, non pas celle d’un dictionnaire, et le premier mérite devra être la clarté.

L’article retrace l’historique de l’édition du Traité.