N° 230 décembre 1999

Publications et information scientifique sur le « web »

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Rubrique : Éditorial

L’American Chemical Society offre à ses membres la possibilité, pour 30 de ses publications, d’un abonnement sur le « web ».

Le tarif pour les membres nord-américains est de 1,3 à 2,8 inférieur à celui de l’abonnement pour l’édition imprimée. L’abonnement « web » étant le même pour les membres de l’ensemble du monde, la différence avec l’abonnement pour les publications imprimées est encore plus grande pour ces derniers.

Récemment, l’American Chemical Society a lancé un nouveau journal, Organic Letters, qui fonctionne uniquement par courrier électronique. Toutes les phases de la publication : la soumission du manuscrit, la consultation de l’examinateur et enfin la publication sont assurés par « e-mail ». Coût moindre et rapidité de publication sont les arguments avancés pour le lancement de la revue.

En ce qui concerne les coûts, les chiffres sont éloquents. L’abonnement « web » pour tous les membres de l’ACS (Américains du Nord et autres parties du monde) est de 25 US $. L’abonnement à la revue imprimée est de 123 US $ pour un membre nord-américain, soit un tarif 5 fois supérieur ; pour le membre résidant hors de l’Amérique du Nord, l’abonnement « papier » est de 251 US $ (soit une différence d’un facteur 10 qui devient réellement dissuasive).

En ce qui concerne la rapidité, l’argument est-il aussi convaincant ? La compétition entre équipes est parfois vive, mais est-ce le cas général, et n’y a t-il pas plus de gens pressés que d’affaires urgentes ?

D’autre part, la question de trouver des « referees » réagissant en 24 ou 48 h va certainement se poser !

L’évolution vers des publications scientifiques sur le web est inéluctable, en particulier pour de courtes publications primaires et les « preprints » de grands congrès de sociétés savantes.

La garantie de la qualité de l’information est le comité de lecture, et il convient de ne pas trop privilégier la rapidité aux dépens du sérieux de l’analyse. Cependant, le risque le plus important serait de voir paraître en dehors des circuits classiques une information scientifique ou technique non contrôlée.

Couverture : vue générale du site de l’usine d’Elf Atochem de Saint-Auban (voir article de Josette Fournier p. 29). Photo : M. Dues, DR.