N° 196 août-septembre 1996

Recherche-industrie : vers un nouveau partenariat

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Rubrique : Éditorial

Une évolution importante, à laquelle la Société Française de Chimie est étroitement associée, et dont L’Actualité Chimique se fait l’écho depuis plusieurs mois, est en train de s’accomplir dans le domaine de la recherche, tout particulièrement en chimie.

Dans le numéro de janvier-février 1996 de L’Actualité Chimique, Jacques Joussot-Dubien, vice-président du Conseil Supérieur de la Recherche et de la Technologie, dessinait le sens d’une évolution souhaitable de la recherche publique vers une attention plus soutenue portée aux applications industrielles des connaissances acquises par la recherche fondamentale, en soulignant qu’il s’agissait là d’une condition de survie économique de notre pays et de notre continent à l’aube du 3e millénaire.

Dans le même temps, la Société de Chimie Industrielle organisait, conjointement avec notre Société, une rencontre du Club des directeurs scientifiques des entreprises de la chimie, dont l’intitulé : « Comment améliorer la rentabilité de la recherche publique », soulignait bien toute l’attention que l’industrie chimique porte à la « valorisation » de cette recherche.

L’Actualité Chimique a également rendu compte de cette réunion dans son numéro de janvier-février 1996. Parallèlement , depuis plus d’une année, la commission Innovation-Recherche de l’Union des Industries Chimiques travaillait à la réalisation d’un important document, où elle définit, à l’intention des acteurs de la recherche publique, des domaines de recherche fondamentale en chimie où des progrès seraient nécessaires au développement industriel. Le rapport qui a été établi à l’issue de ces travaux présente un grand intérêt : il a été diffusé auprès de nombreux directeurs de laboratoires ; L’Actualité Chimique a publié sa présentation générale dans son numéro de mars-mai 1996, et la SFC est bien placée pour favoriser l’exploitation de ce rapport, dans la mesure où elle peut susciter des rencontres entre spécialistes de l’industrie et de la recherche publique d’où pourraient être dégagés des thèmes d’intérêt commun.

S’appuyant sur ce rapport, l’Union des Industries Chimiques a organisé en février 1996 un Forum des entreprises sur le thème : « Recherche et stratégie d’entreprise », où des témoignages intéressants et des idées nouvelles ont été présentés : L’Actualité Chimique en a rendu compte dans son numéro de juin-juillet 1996.

Notamment, une proposition, issue de l’industrie, visant à la conception d’une stratégie de recherche commune dans le domaine précompétitif, entre recherche publique et industrie, a reçu un accueil très favorable. Cette démarche pourrait utilement compléter les collaborations plus ponctuelles, entre industrie chimique et laboratoires de la recherche publique, qui se sont très heureusement développées, dans l’intérêt des deux parties, depuis plusieurs décennies.

Mais les choses avancent vite, et les idées commencent à se concrétiser. C’est ainsi que, au ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, l’évaluation des activités de recherche des établissements d’enseignement supérieur et de leurs laboratoires, tiendra compte désormais des efforts consentis en vue de valoriser les résultats de la recherche.

C’est ainsi que le 5e PCRD, en cours d’élaboration à Bruxelles, est destiné à soutenir les actions de recherche concertée entre recherche publique et industrie sur des thèmes considérés comme prioritaires pour le développement scientifique, technique et économique de l’Union européenne.

Enfin, un programme novateur, le programme REACTIF, conçu par le secrétaire d’État à la Recherche et le ministère de l’Industrie, en se référant, notamment, au projet Chimie Avenir de Rhône-Poulenc, vient d’être lancé en vue, justement, de promouvoir la collaboration entre industrie chimique et recherche publique, sur des thèmes prédéterminés. Il sera présenté dans L’Actualité Chimique.

Il nous a semblé particulièrement important d’attirer l’attention de nos lecteurs sur ce mouvement d’une ampleur exceptionnelle, qui devrait être de nature à donner à notre recherche une vigueur nouvelle, et à affirmer sans ambiguïté son rôle de plus en plus déterminant pour l’avenir.

Gérard Montel
Rédacteur en chef

Couverture

Coupe de neige humide observée en lumière transmise polarisée ; une mire de maille 0,25 mm donne l’échelle. Le voile gris, présent en certains endroits de l’amas de grains, est constitué de fines bulles gazeuses. Ces dernières signalent la présence initiale d’eau liquide entre les grains.