N° 222 mars 1999

Recherche publique et industrie

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Rubrique : Éditorial

Vous trouverez dans ce numéro le premier d’une série d’articles consacrés à la présentation de laboratoires de recherche du secteur public.

À l’époque où le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche s’interroge sur l’efficacité de la recherche dans les grands organismes autonomes, il nous a semblé intéressant d’éclairer par un exemple la politique du CNRS vis-à-vis de l’industrie à travers les unités mixtes de recherche. On pourra apprécier, après dix ans de fonctionnement, les résultats obtenus à Lyon par l’équipe bioMérieux-CNRS. C’est indéniablement un encouragement à une politique mise en place dans les années 80.

Lorsqu’on observe le fonctionnement de ces unités, on peut voir combien la distinction entre « fondamental » et « appliqué » emprunte plus à la casuistique intégriste qu’à une honnête analyse de problèmes à résoudre...

Il est vrai, cependant, que les problèmes de concertation entre laboratoires publics et recherche privée ne se posent pas avec les grands groupes, mais, en fait, avec les petites sociétés. Dans les petites sociétés, on a beaucoup de questions à régler à court terme, et il reste peu de temps à consacrer pour rechercher des solutions à moyen ou à long terme.

Les efforts qui sont faits pour donner, dans la recherche publique, une importance à des domaines comme la formulation, le génie des procédés en discontinu, ouvrent sans doute des voies pour faciliter les coopérations avec les PMI.

L’objectif, en effet, n’est peut-être pas de créer de nouvelles sociétés avec des chercheurs peu préparés à cela, mais plutôt de renforcer celles qui existent avec ce que peut apporter la recherche, c’est-à-dire une approche méthodologique pour trouver les solutions innovantes.

Bernard Sillion
Rédacteur en chef