N° 454 septembre 2020

Chimie et virus adéno-associés, un couple prometteur pour la thérapie génique

Pagination : 37-43
Rubrique : Recherche et développement
Mots-clés : Thérapie génique, AAV, bioconjugaison, lysine, isothiocyanate.
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Principe de la technologie développée.

La thérapie génique consiste à introduire un fragment d’ADN dans des cellules afin de corriger ou ralentir la progression d’une maladie, qu’elle soit héréditaire ou acquise. Ce matériel génétique est le plus souvent transporté dans les cellules grâce à un vecteur viral.

Parmi les vecteurs viraux, les virus adéno-associés (AAV) sont aujourd’hui considérés comme les outils les plus performants pour le traitement par thérapie génique de maladies génétiques. L’efficacité thérapeutique du transfert de gènes par des AAV, virus non pathogènes, a été validée ces dernières années avec actuellement plus de 175 essais cliniques et trois médicaments qui ont reçu une autorisation de mise sur le marché.

Cependant, certaines limitations ont pu être mises en évidence, comme l’utilisation de fortes doses, la transduction non ciblée de certains tissus et la présence d’anticorps neutralisants préexistants. Pour s’affranchir de ces problèmes, chimie et virologie ont été associées pour développer des AAV chimiquement modifiés afin d’améliorer leur action thérapeutique. La stratégie repose sur la création d’une liaison chimique covalente entre un ligand capable de se lier spécifiquement à une cellule cible et la capside d’un AAV naturel. Ainsi modifié, le virus adéno-associé s’est révélé plus efficace que le virus initial dans le cas du ciblage de cellules hépatiques.