N° 318 avril 2008

L’altération des pigments au plomb : étude du minium et de sa possible reconversion

Pagination : 9-15
Sous-thème : Matières colorantes et organiques
Mots-clés : Patrimoine culturel, pigments au plomb, minium, noircissement, plattnérite, peinture murale, restauration par laser.
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© Mc Farland 1997.

Femme debout drapée, dessin sur papier (encre noire, rehauts au blanc de plomb) attribué à Girolamo da Carpi, vers 1550, avant et après restauration du blanc de plombpar un traitement au gel de peroxyde d’hydrogène.

L’altération des pigments utilisés en peinture murale a été décrite depuis des siècles dans la littérature spécialisée. Cependant, cet aspect reste relativement mal compris, car les mécanismes de transformation sont souvent lents, les conditions d’applications originales mal connues et les vieillissements artificiels ne permettent pas toujours de rendre compte de la réalité.

Cet article présente le cas des pigments au plomb et plus spécifiquement celui de l’altération du minium (Pb3O4). L’évolution chromatique de ce pigment a été suivie après application sur des murs en fonction de différents types de préparation (fresque, badigeon à la chaux, détrempe à la colle animale) qui ont subi un vieillissement naturel depuis une trentaine d’années.

Les résultats indiquent de fortes disparités en fonction des techniques d’application de la peinture et permettent de mieux appréhender les mécanismes de transformation. Par ailleurs, des premiers essais de reconversion du minium altéré ainsi formé (c’est-à-dire retransformation de la plattnérite en minium par action thermique par usage d’un laser) permettent d’envisager des solutions de traitement.