N° 112 mai 1984

Les biotechnologies et les grands intermédiaires

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Rubrique : Faisons le point

L’intervention des biotechnologies dans la chimie des « grands intermédiaires » est un phénomène remarquable à plus d’un titre. Pour sa pérennité d’abord, puisque c’est par fermentation qu’ont été produits industriellement les premiers solvants et acides organiques, bien avant la pétrochimie, et que certains parlent de revenir à la fermentation pour obtenir des produits pétrochimiques ou leurs précurseurs. Mais, malgré l’énorme potentiel d’amélioration de productivité des souches de biomasse comme de micro-organismes, il convient de s’interroger sur la rationalité de l’effort entrepris actuellement pour la « réhabilitation » de filières biomasse-fermentations/grand intermédiaires.

La compétition entre catalyse chimique et catalyse biochimique, même sur des réactifs synthétiques, n’en est encore qu’à ses débuts et ses péripéties techniques et économiques seront encore, à n’en pas douter, fort nombreuses. L’expérience malheureuse du procédé CETUS d’époxydation enzymatique des oléfines, décrite en détail ici, montre que les derniers développements technologiques ne se trouvent pas toujours dans le camp des biotechnologies.

La variété et l’élégance des solutions que les biotechnologies apporteront nécessairement un jour à la chimie des grands intermédiaires devraient conduire celle-ci à s’affranchir des énergies et matières premières « périssables », à condition toutefois de s’adapter à de nouvelles générations d’intermédiaires.