N° 360-361 février-mars 2012

Marie Skłodowska Curie métallurgiste : étude des propriétés magnétiques des aciers trempés

Pagination : 104-108
Rubrique : Histoire de la chimie
Mots-clés : Histoire des sciences, Marie Curie, métallurgie, aciers, magnétisme, radioactivité.
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© Photo des Archives Curie, Association Curie-Joliot-Curie, DR.

Pierre et Marie Curie dans le jardin de la maison des parents de Pierre à Sceaux en 1895, en départ pour leur voyage de noce avec leurs bicyclettes modernes munies de pneumatiques, de roues de taille égale et à rayons, d’un cadre et d’une transmission par chaîne à rouleaux. Les cadres, les rayons et les chaînes sont en acier.
Les années 1890 sont l’âge d’or de la bicyclette qui a contribué à une évolution sociale importante en permettant des loisirs abordables et en étant à l’origine de la création d’une mode de vêtements comme les jupes-pantalons qui ont aidé les femmes à se libérer du corset et d’autres vêtements contraignants.

Le premier travail scientifique de Marie Skłodowska Curie, et ses deux premières publications, concernèrent l’étude des propriétés magnétiques des aciers trempés en fonction de leur composition chimique et des conditions de trempe. Ce travail dura trois ans et fut à l’origine de la rencontre entre Marie et Pierre Curie qui était un spécialiste du magnétisme des solides.

Les connaissances sur le fer et les aciers étaient à l’époque encore fort incertaines quoique déjà complexes. Marie apprit à manier beaucoup d’échantillons de compositions chimiques variées fournis par plusieurs industriels. Ce sens de l’étude systématique fut providentiel lorsqu’elle décida ensuite d’examiner l’aptitude de différents matériaux à émettre des rayons uraniques.